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Le mégot de cigarette : le nouvel ennemi public numéro 1

megot cigarette

La chasse est ouverte contre le 1er déchet mondial. Entre répression et mobilisation, il faudra bien trouver la solution pour stopper les dégâts.

Depuis l’interdiction de fumer dans les lieux publics (décret modifiant la loi Evin, 1er février 2007), on a vu se multiplier le jet de mégots de cigarettes sur la voie publique. Le mégot de cigarette, c’est 2 centimètres pour 3 grammes de pollution hautement toxique : premier déchet mondial, 3ème déchet le plus mortel dans les océans, pas moins de 4000 substances chimiques capables de polluer 500 litres d’eau, de tuer les poissons qui s’y trouvent en 96 heures, de nuire à la faune et à la flore en mettant jusqu’à 15 années à se désagréger… Une pollution réelle pour la planète et accablante pour le budget des villes. Un véritable fléau à éradiquer d’urgence. Mais comment se débarrasser de ces filtres (jusqu’à 350 tonnes par an à Paris) qu’on voit trainer partout ?

Les solutions répressives

Un décret de 2015 (article R 633–6 du code pénal) prévoit de « punir de l’amende prévue pour les contraventions de la 3ème classe (soit 68€) le fait de déposer, d’abandonner, de jeter ou de déverser, en lieu public ou privé (…) des ordures, déchets, déjections, matériaux, liquides insalubres ou tout autre objet de quelque nature qu’il soit, y compris en urinant sur la voie publique ».

Ce décret, qui vise aussi les jeteurs de mégots, est appliqué dans quelques municipalités de France (Cannes, Lille, Biarritz, Colmar…) ainsi que dans la Capitale qui a jugé bon de créer en parallèle une brigade anti-incivilités dans une optique « pédagogique ». 3300 agents au total, « ambassadeurs du vivre ensemble » selon Anne Hidalgo, dont la mission consiste à « améliorer la vie des habitants ». Les chiffres de la ville sont éloquents : entre janvier et novembre 2017, la brigade anti-incivilités a dressé 21 784 procès-verbaux, cela représente une augmentation de 1216 %  par rapport à l’année 2016 ! Un carton.

Les solutions différentes

Au-delà de ces mesures « tolérance zéro », des entreprises se sont développées en France pour proposer des solutions plus éco-responsables qui mobiliseraient les fumeurs au lieu de les punir. De la distribution de cendriers de poche aux cendriers de sondage, en passant par toute sorte de cendriers fixes avec éteignoirs ainsi que des propositions de recyclage. Il existe même un distributeur de cendriers gratuits destiné à être implanté aux entrées de plage, entre autre, afin de mobiliser, de sensibiliser mais aussi de rendre la tâche plus pratique. Car comme le souligne Patrick, fumeur depuis 40 ans : «  On nous tape sur les doigts, on nous culpabilise, mais on ne nous propose rien de vraiment pratique ». La planète croule sous les mégots et il faudra bien réagir un jour… Avant qu’il ne soit trop tard.

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