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Démonstration d’un verrier en direct, voici ses secrets

Le verrier est considéré comme un véritable artiste puisqu’il façonne le cristal jusqu’à le transformer en un objet décoratif d’exception. Quel est cet art qui permet de réaliser de véritables chefs-d’œuvre ? Avant d’orner nos intérieurs, la matière passe par différentes étapes qui requièrent de la minutie et du talent. Zoom sur les techniques de fabrication du cristal.

Verre ou cristal : comment les différencier ?

Avant d’aller plus loin dans la découverte du processus de fabrication du cristal, il convient de le différencier du verre ordinaire. Même si le cristal et le verre sont constitués de silice (oxyde de silicium), le premier est nettement plus brillant et plus transparent que le deuxième.

Cela s’explique par le fait que le cristal contient plus de plomb à raison de 10 voire 32 % dans le cas des cristalleries de luxe. En sus, le verre est consolidé avec de la chaux, tandis que le cristal nécessite du minium de plomb. À vue d’œil, le cristal diffuse la lumière dans toutes les directions lorsqu’il est savamment taillé.

Cette matière est aussi plus souple à travailler, plus lourde et émet un son unique. Ce n’est donc pas un hasard s’il vaut plus cher que le verre ordinaire. Mais attention, il faut aussi savoir distinguer le cristal industriel du cristal de roche ou quartz naturel. En effet, si les atomes de silicium du cristal industriel sont figés, ceux du quartz sont rangés de façon géométrique.

Quels sont les composants du cristal ?

Le cristal est une très belle matière qui est composée à 50 % de sable (vitrifiant), 20 % de potasse (le fondant), et d’au moins 23 % de plomb (stabilisant) et de produits chimiques indispensables pour la fusion. Afin de déterminer le type de cristal obtenu, la composition et la fabrication du cristal sont essentielles. En référence à la norme AFNOR, si le taux de minium de plomb est compris entre 10 et 24 %, il s’agit de cristallin. Quant au cristal au plomb, il contient au moins 24 % de minium de plomb. En revanche, si la teneur en plomb excède les 30 %, vous avez affaire à du cristal supérieur.

La silice, l’un des principaux composants du cristal, est choisie pour sa qualité. Cette matière première est à peu près similaire à du sable extrêmement fin. Elle fond à une température très élevée (1670°C), mais les maîtres-verriers rajoutent du fondant (oxyde de potassium, calcin, oxyde de magnésium ou soude) au mélange afin de réduire le point de fusion à 1400°C.

Cette technique permet de réaliser un maximum d’économie. Et pour obtenir un cristal éclatant, il faut y rajouter du minium de plomb. Ce composant contribue à faciliter le coupage et le façonnage du cristal. Comptez également sur de l’oxyde de cobalt pour colorer la matière en bleu tandis que le manganèse offre une jolie teinte améthyste et l’uranium permet d’obtenir du cristal de couleur jaune. L’arsenic et l’antimoine sont également utilisés pour créer une couleur blanche opaque.

verre

La fabrication du cristal : étape par étape

Le travail du cristal, c’est tout un art qui requiert de la minutie et une recherche permanente de perfection. Compte tenu du prestige de cette matière, l’artisan veille à ce que chacune des pièces réalisées ne présente aucun défaut, car dans ce domaine, le niveau d’exigence est particulièrement élevé.

Le travail du verre à chaud, une étape essentielle

En prélude, le cristal est cueilli dans un four en fusion, à l’état liquide. Cette matière devient ensuite assez visqueuse (800 à 1100°C) pour commencer le travail. À ce stade, chaque seconde compte, car le cristal doit être manipulé à chaud, au risque de se retrouver avec une matière dure. Et pour ne pas perdre de temps, chaque verrier a sa spécialité et le cristal passe très vite de main à main pour être façonné minutieusement.

Il y a d’abord le souffleur de verre qui sort les boules rougeoyantes et fumantes du four à l’aide de la canne spécifique. Il s’affaire ensuite sur le banc pour modeler la matière et lui conférer une forme ronde en se servant d’une mailloche et en tournant constamment la canne. Cette dernière étant creuse, le souffleur introduit de l’air dans la masse visqueuse et le cristal commence à prendre forme.

Si nécessaire, le verrier est amené à réaliser des mouvements de balancier afin d’étirer ou d’agrandir le cristal. Si ce dernier est destiné à devenir une pièce décorative, la masse en fusion sera soufflée dans un moule.

Lorsque le cristal est retiré du moule, il revêt déjà sa forme finale, mais une nouvelle cuisson sera indispensable pour prévenir les risques de chocs thermiques et de fêlures. À noter que ce processus qui permet de consolider la matière dure 12 voire 96 heures. Pour de plus amples détails concernant toutes ces étapes, vous pouvez vous référer à l’encyclopédie du verre qui est disponible en ligne.

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Le travail du verre à froid, place aux finitions

Lorsque le cristal a refroidi, les experts en gravures et en décorations s’affairent pour gommer les éventuels défauts. Cette étape est aussi importante que la première, car la qualité du produit fini dépend de la finesse des gravures, des dorures ou encore des émaillages.

Le cristal est notamment taillé à l’aide d’une meule électrique avant de passer au polissage. S’en suit le décalottage qui consiste à le détacher de la canne. Et comme le haut est particulièrement coupant, le maître-verrier procède au flettage en meulant la partie coupante. Vient ensuite le rebrûlage qui a pour but d’adoucir les bords du cristal.

C’est aussi au sein de l’atelier à froid que seront effectuées les menues finitions : peinture, dorure, pose d’émail. Mais attention, l’application requiert une grande prudence et un certain savoir-faire, car ils sont chauffés afin de s’imprégner au cristal. L’objectif étant de pouvoir décorer la pièce sans la ramollir ou la déformer.

Une fois les travaux de finition achevés, le cristal est poli dans un bain d’acide ou par meulage au liège et à la laine. Pour les pièces prestigieuses, les maîtres-verriers procèdent à la technique de la cire perdue qui contribue à réaliser de véritables œuvres d’art destinées à orner les châteaux, les palaces et autres demeures prestigieuses.

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