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Croissance et immobilier : l’étroite relation

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« L’immobilier est un bon indicateur de l’économie. Lorsque l’immobilier se porte bien, l’économie se porte bien. L’inverse est vrai aussi », tels sont en substance les dires du professeur d’économie et gouverneur de la banque d’Israël, Stanley Fischer. Croissance financière et prix de l’immobilier évoluent effectivement en étroit lien, la progression du marché de la pierre étant largement corrélé au positionnement des revenus par ménage.

Or, depuis 2007, la zone euro cherche par tous les moyens à sortir de la crise économique. Ce fléchissement général n’est pas sans poser de sérieux problèmes sociaux et financiers, aucun secteur n’étant réellement porteur depuis lors. Et surtout pas celui de l’immobilier. En effet, la hausse du chômage, la baisse du pouvoir d’achat, la flambée des matières premières sont autant de facteurs qui ont entraîné la désertion des agences immobilières, d’une grande partie des potentiels acquéreurs.

L’ajustement d’un marché immobilier en recul

Dans un entretien accordé à Capital.fr il y a quelque années, Laurent Quignon, responsable du service d’économie bancaire chez BNP-Paribas, prédisait : « Le ralentissement de la croissance française et le maintien du chômage à un niveau élevé vont parallèlement peser sur la solvabilité des acheteurs. L’ajustement du marché immobilier pourrait donc se poursuivre dans les prochains mois dans la plupart des villes moyennes ».

En effet, toutes les grandes villes de France ont subi ces derniers temps des revers de Fortune. Lyon, la deuxième capitale de l’Hexagone, a notamment enregistré un recul de ses prix de l’ordre de 4,2% au troisième semestre 2017, signe de ralentissement qui devrait se poursuivre jusqu’à début 2018, selon la Fédération des promoteurs immobiliers. Plus difficile encore pour Montauban, dont les ventes de logements ont chuté de 12% depuis juin dernier.

Un climat défavorable et inquiétant

Manque de construction, fin des avantages fiscaux de prêts et attentisme face aux prix trop élevés, les conséquences de la crise économique sont indéniables, s’agissant du secteur de l’immobilier. Car depuis 2007, si l’on constate une absence de progression du PIB, et donc d’enrichissement en France et en Europe, la population quant à elle ne cesse d’augmenter. Une situation véritablement inquiétante pour le pays, si cette tendance venait à se confirmer dans les mois à venir.

Rebutés par des prix inaccessibles et la perte d’avantages sur leurs conditions de prêts, les candidats à l’achat sont peu nombreux en agences immobilières. Outre le manque de financement, la persistance d’un climat largement défavorable à l’investissement décourage les plus téméraires. Continuellement rabâchées, les mises en garde du gouvernement et de la presse ne se veulent pas très rassurantes, si bien que les acheteurs se plongent dans l’attente par peur de l’avenir.

Trêve de pessimisme, si les dires du professeur Stanley Fischer comptent une part de vérité, aucune généralisation ne peut être faite dans l’absolu. En témoigne notamment l’exception de 2016, où les prix de l’immobilier avaient grimpé, poussés par les étrangers, les avantages fiscaux et surtout les taux immobilier qui étaient au plus bas. N’oublions pas que le secteur demeure l’un des plus profitables et des plus sûrs malgré la crise…

Les emprunteurs dans l’expectative malgré la baisse des taux d’intérêt des emprunts immobiliers

Constituant le choix de la grande majorité des Français pour financer l’acquisition de leur résidence principale, le crédit immobilier apparaît comme un indicateur particulièrement important de l’évolution de l’économie, concentrant à ce titre l’attention d’un certain nombre de spécialistes du domaine financier, qui reste particulièrement attentif à l’évolution des taux d’intérêt et au comportement des futurs acquéreurs.

Des taux d’intérêt inférieurs à 2 % sur 20 ans

Alors que le contexte économique européen reste particulièrement délicat, le mois de janvier semble encore marquer une baisse des taux d’intérêt des emprunts immobilier, même si celle-ci reste plus modérée quand même, un tiers des établissements ayant ainsi baissé leur taux de 0,10 points, faisant que 75 % des établissements affichent aujourd’hui des taux d’intérêt inférieurs à 2 % pour les emprunts d’une durée de 20 ans, se rapprochant ainsi après 2016 des niveaux les plus bas jamais enregistrés pour ses solutions de financement, ce mouvement restant entretenu par la baisse des Obligations Assimilables du Trésor à 10 ans.

Une certaine prudence de la part des emprunteurs

Encouragés par les conditions offertes actuellement par les établissements bancaires et notamment des prêts aidés comme le ptz, les emprunteurs restent toutefois encore dans l’expectative, le nombre de compromis de vente signés demeurant en effet, sur le dernier semestre, inférieur de 12 % aux résultats de l’année passée, chacun semblant attendre les mesures prises par le nouveau gouvernement pour procéder à la concrétisation de leurs projets, les demandes de renégociation connaissant, quant à elles, une augmentation importante, leur nombre ayant doublé par rapport à l’année 2016.

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